La Reconciliation

Message du 27 May 2018 a Feltonville. Présentée par Theodor Yonkeu.

THEME : Les Ambassadeurs du Christ avec un Ministère : La Réconciliation

2 Corinthiens 5 Second 21 (SG21)

Un ministère de réconciliation

11 Ainsi donc, puisque nous savons ce qu’est la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes. Quant à Dieu, il nous connaît, et j’espère que dans votre conscience vous nous connaissez aussi. 12 Nous n’allons pas de nouveau nous recommander nous-mêmes auprès de vous, mais nous voulons vous donner l’occasion de vous montrer fiers à notre sujet, afin que vous puissiez répondre à ceux qui mettent leur fierté dans les apparences et non dans ce qui relève du cœur. 13 En effet, si nous avons fait preuve de folie, c’était pour Dieu; si nous sommes raisonnables, c’est pour vous. 14 C’est que l’amour de Christ nous presse, parce que nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. 15 Et s’il est mort pour tous, c’était afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. 16 Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.

17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. 18 Et tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par [Jésus-] Christ et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. 19 En effet, Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. 20 Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel. Nous supplions au nom de Christ: «Soyez réconciliés avec Dieu! 21 [En effet,] celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu.»

Introduction :

La réconciliation est un sujet d’actualité dans plusieurs organisations, églises et famille aujourd’hui. Nous avons tous besoin de réconciliation dans nos vies, dans nos relations et dans nos familles. Combien de relations sont brisées aujourd’hui ? Combien de famille sont détruites, divisées à cause de manque de réconciliation ou d’une compréhension profonde de ce sujet importante sur la réconciliation ? Pendant que je préparais ce message au sujet de la réconciliation, Dieu a ouvert mes yeux afin que je comprenne comment moi aussi je ne comprenais rien a ce sujet compte tenue de certains problèmes et conflits que Dieu a bien voulu que je traverse dans mon ministère que ce soit ici ou au Cameroun. Oui mes amis la Bible est une histoire de réconciliation, de l’Ancien Testament au Nouveau Testament.  La reconciliation est le point central de l’Évangile et nous allons le découvrir ensemble ce matin.

  1. QUEST-CE QUE LA RECONCILIATION?

La plupart d’entre nous confondent réconciliation et pardon mais l’Ecriture distingue l’un de l’autre. Le pardon remet une dette, une offense et efface la faute, la réconciliation, quant à elle, restaure la relation que l’offense avait brisée. Là où le pardon offre un acquittement, la réconciliation permet de renouer le dialogue et l’échange, source de bienfaits mutuels. Celui qui confond les deux sera tenté par un pardon superficiel ou à bon marché qui choisit de refouler l’offense et non de la traiter. Il sera tenté par un pardon de façade mais l’évocation de l’affront passé ou la présence de l’offenseur révèlera, mettra en surface des sentiments de malaise voire agressifs qui confirment que la démarche du pardon n’a pas abouti. La relation s’en trouvera faussée. En fait le véritable pardon inclut  la réconciliation.

Songeons par exemple à une relation caractérisée par une position de pouvoir, le subalterne offensé peut craindre de reprendre son supérieur et d’en payer les conséquences. Dans un couple, on peut craindre de reprendre son conjoint parce qu’on en a émotionnellement besoin ou parce que l’on a des intérêts communs. Mais les réconciliations qui n’ont jamais lieu créent un fossé de plus en plus profond qui mine la relation.

On dit que c’est pardonné mais en réalité, l’offense n’est pas vraiment effacée, la faute n’est pas traitée. Beaucoup de problèmes relationnels ont pour origine des pardons de façade et des réconciliations qui n’ont pas abouties. En fin de compte, on reste ensemble pour la forme mais la relation est rompue. J’ai étais dans une église ou certains anciens ne pouvaient pas serrer la main de leur pasteur et certains membres remplies de haines et de jalousie les uns des autres mais ensemble dans l’église levant les mains chaque Dimanche pour adorer le Dieu de la reconciliation : Quelle ignorance.

Nous avons tous besoin de réconciliation mais peut-être ne le savons-nous pas encore. Mais pourquoi est-ce si difficile ?

Il nous faut reconnaître que la réconciliation s’oppose à nos penchants naturels. Elle génère souvent des sentiments de colère ou de peur. On dit que l’on a pardonné tel affront mais le vrai pardon débouche sur la réconciliation. L’absence de volonté de restaurer une relation brisée par une offense révèle bien souvent que ce pardon n’est pas du fond du cœur. Math 18 :35 si nous ne pardonnons pas de tout notre cœur, notre Père ne nous pardonnera pas non plus.

  1. Les motivations de cette absence de volonté sont :
  • Souvent l’orgueil qui ne veut pas s’humilier une fois de plus en face d’une personne qui nous a fait du mal. Ne pas nous réconcilier peut être un moyen de faire peser le poids de l’offense. Il m’a fait beaucoup de dommages, je n’arrive pas a oublier, je ne veux plus que nos chemins se croisent.
  • Le chemin de la facilité qui consiste à refouler notre colère et ne plus fréquenter l’offenseur.
  • Mais la peur d’être humilié peut aussi nous faire hésiter à aller jusqu’à la réconciliation. Nous estimons que c’est à l’autre de faire la démarche. Mais Jésus nous donne le ministère de la réconciliation y compris si quelqu’un à quelque chose contre toi. Si donc … tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, 24 … va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. Math 5 : 23-24

 

Que nous soyons offensés ou que quelqu’un ait quelque chose contre nous, nous n’y échappons pas, notre responsabilité est celle de la réconciliation parce que la réconciliation est au centre de l’Evangile.

  1. LA PLACE DE LA RECONCILIATION DANS LA BIBLE.

Songeons à la haine de Caïn vis-à-vis d’Abel (qui au passage ne lui a fait aucun tort) à celle d’Esaü vis-à-vis de Jacob qui dès qu’il lui eut volé son droit d’aînesse chercha à le tuer, de la réconciliation de Joseph avec ses frères qui le vendirent à une caravane de bédouins car ils étaient jaloux de la préférence de Jacob. Beaucoup d’histoires parmi les plus connues de la Bible ont un rapport avec l’offense et la réconciliation. La Bible elle-même est l’histoire de la réconciliation de Dieu avec les hommes dont le point culminant est la mort de Jésus Christ sur une croix :

2 Corinthiens 5:19 Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.

La Bible est la Parole de la réconciliation. En effet ceux qui ont accepté que Jésus soit leur Seigneur et sauveur ont reconnu qu’ils avaient offensé Dieu, qu’ils étaient sous sa colère (Jn 3 :36,Rm 1 ;18, Rm 2 :5-8) qu’ils avaient besoin d’être réconciliés avec Lui. En mourant sur la croix, Jésus a accepté de porter leur condamnation :

21 Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Colossiens 1.19 Car il a plu (à Dieu) de faire habiter en lui toute plénitude 20 et de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. 21 Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos œuvres mauvaises, 22 il vous a maintenant réconciliés par la mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche ;

 

La plupart des gens ne sont pas conscients de leur besoin d’être réconciliés. Très peu reconnaissent en réalité qu’ils font le mal. Faire le mal, penser le mal, dire du mal, être jaloux, avoir la haine est tellement naturel autour de nous. Lorsqu’on se compare aux autres, le tableau n’est pas si mauvais. Mais si notre regard se porte sur l’exemple parfait de Jésus, celui qui n’a pas connu le péché, le seul juste aux yeux de Dieu, nous ne pouvons que constater notre misère et notre besoin de pardon.

Recevoir Christ c’est recevoir le pardon parce que Jésus prend le châtiment du péché à ma place. C’est aussi obtenir la réconciliation qui m’ouvre à une nouvelle relation. C’est pourquoi l’Evangile est la réconciliation. Mais l’Ecriture nous exhorte aujourd’hui en tant que disciples de Jésus Christ, à être des ambassadeurs de la réconciliation.

  1. POURQUOI CE MINISTERE ?

Notre passage parle même du ministère (service). Beaucoup de gens cherchent à trouver leur ministère dans l’église. Il n’est pas toujours aisé de connaître sa vocation, mais nous pourrions déjà commencer par celle que nous donne la Parole de Dieu : la réconciliation. Mais pourquoi devrions-nous être ambassadeurs de la réconciliation ?

Parce que Jésus a fait ainsi (17-18)

La première motivation de la réconciliation, c’est que Jésus a agi ainsi à notre égard et nous a donné un exemple afin que nous agissions de même. Lui qui avait tout à perdre en quittant la gloire qui était la sienne s’est abaissé afin d’être humilié par cette même humanité à qui il voulait offrir le pardon. Ainsi, pour nous aussi, la démarche de réconciliation court le risque de devoir s’abaisser, se dépouiller pour se rendre vulnérable à l’autre. Mais ne pas le faire ce serait refuser le ministère que le Seigneur nous a confié. Ce serait refuser d’être témoins de ce qu’Il a fait pour nous. C’est un peu comme se préparer pendant des années pour avoir un métier et se retrouver au chômage. Celui qui accepte l’Evangile mais ne vit pas sa vocation d’ambassadeur de la réconciliation pourra sentir sa foi inutile.

 

Parce que l’amour de Christ nous y engage (15)

La seconde raison, c’est que l’amour de Christ nous engage à être ce genre d’ambassadeur. L’homme religieux tend naturellement à rendre la foi théorique par des doctrines. Elles sont nécessaires mais la doctrine qui n’est pas vécue ne peut être porteuse de vie. Lorsque Jésus est mort sur la croix, il nous a obtenu le pardon c’est-à-dire l’acquittement. Mais l’œuvre de Christ ne s’arrête pas à nous offrir un laisser-passer pour l’éternité ou à donner une nouvelle virginité à notre casier judiciaire.

Si Dieu a voulu notre acquittement, c’est pour que nous obtenions une réconciliation et donc que nous vivions une nouvelle relation avec Lui. Cette nouvelle relation est imprégnée d’amour et l’amour est aussi un sentiment. L’amour de Christ qui a accepté ce sacrifice sur la croix ne peut être reçu sans provoquer cette tristesse de voir des situations s’envenimer et aller jusqu’à l’inimitié ou la rancune. L’amour ne se réjouit pas de l’injustice mais se réjouit de la vérité. Quand les rapports avec nos semblables sont faits de faux semblants, d’hypocrisies à cause de différends non réglés, c’est Christ en nous qui est déshonoré. 1 Cor 13 :6

Parce que nous vivons pour Christ (15-16)

La troisième motivation, c’est que Christ est mort pour nous et que nous ne vivons plus pour nous-mêmes. Se réconcilier avec quelqu’un qui nous a fait du mal ou qui aurait quelque chose contre nous est extrêmement déstabilisant surtout si la personne que nous avons en face n’est pas consciente ou trop orgueilleuse pour accepter cette démarche. Le temps fera peut-être son œuvre. Mais c’est souvent notre orgueil blessé ou notre peur d’être humilié qui semblent être des obstacles infranchissables pour la réconciliation. Mais nous vivons pour Christ et cette appartenance comporte cette mort à soi-même, cette acceptation que notre orgueil soient abaissé et que de temps en temps nous soyons humiliés. N’est-ce pas ainsi que Christ a agi à notre égard ?

 

 

Je rajouterais trois raisons qui ont, elles aussi, un rapport avec la réconciliation. Nous les trouvons dans Math. 18 :15-20

La première, c’est que nous serons pardonnés à la manière dont nous pardonnons et nous réconcilions. Le Seigneur affirme à plusieurs reprises dans les Evangiles que si nous ne pardonnons pas de tout notre cœur, notre Père ne nous pardonnera pas non plus Math 18 :35. Nous aurions tort de ne pas croire en cet avertissement. Il est accompagné d’une seconde promesse et c’est ma deuxième raison. C’est que la réconciliation est la condition à la présence de Jésus. Là où deux trois sont assemblés c’est-à-dire réconciliés en mon nom (tel est le contexte dans lequel Jésus déclare qu’Il est au milieu d’eux. La dernière raison c’est que la condition de l’exaucement de nos prières est la réconciliation.

Math 18:15 …si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père…

Aller vers l’autre est un véritable acte de foi dans les promesses faites à ceux qui se réconcilient. Si nous sommes réconciliés en son nom, Jésus est au milieu de nous et notre prière peut alors rencontrer l’exaucement.

  1. LES LIMITES DE LA RECONCILIATION.

Mais la réconciliation, nous devons le reconnaître, n’est pas toujours possible. Plusieurs raisons à cela. La première c’est que nous ne savons pas toujours pourquoi les relations ne sont pas celles que l’on voudrait. Ce n’est pas parce que les rapports sont assez distants avec une personne qu’il y a nécessairement inimitié avec elle. Et puis nous pouvons avoir causé du tort à quelqu’un sans l’avoir médité. Peut-être encore que les raisons sont beaucoup plus terre à terre : votre tête ne lui revient pas ou cette personne éprouve de la jalousie à votre égard.

L’Ecriture nous invite à la réconciliation mais pas à la naïveté :

Romains 12:18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.

Il y a des personnes avec qui il est impossible de se réconcilier. Premièrement parce qu’elles ne sont plus là. Deuxièmement parce qu’elles ne veulent pas reconnaître leur faute et parfois pour des raisons qui ne sont pas légitimes. Nous sommes aussi appelés à être libérés de cela.

L’autre limite à la réconciliation, c’est l’attitude dans laquelle nous la cherchons. Si un différend nous oppose à quelqu’un, il n’est pas toujours opportun d’aller lui cracher notre amertume au visage dans le feu de l’action. Un temps de maturation est souvent nécessaire afin que nous remettions les sentiments qui nous habitent entre les mains de Dieu. Le temps devra faire son œuvre et la grâce agissante de Dieu aussi. Lorsque nous nous engageons sur le chemin miné de la réconciliation, il est important que nos sentiments soient apaisés. On ne peut pas être un ambassadeur d’un pays qu’on ne connait pas.

En résumé nous ne devons jamais négliger la nécessité de la réconciliation dans la mesure où cela dépend de nous.

Il n’a pas échappé à certains que je n’ai pas encore abordé le verset le plus connu de ce passage.

  1. LA RECONCILIATION SOURCE DE VIE.

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici : (toutes choses) sont devenues nouvelles. 2 Cor 15 :17

Nous prenons souvent ce verset hors contexte en oubliant qu’il parle de réconciliation. Etre en Christ est une expression équivalente à être réconcilié avec Christ. Une telle personne est une nouvelle créature, les choses passées sont oubliées, Dieu les a oubliées et leur souvenir n’en sera plus évoqué. Ce verset nous apprend que celui qui a reçu la réconciliation, qui n’est plus sous la colère de Dieu, peut prendre un nouveau départ dans une relation restaurée avec son créateur. Toutes choses sont nouvelles car une telle personne reçoit une nouvelle vie ; passe par une nouvelle naissance (Jean. 1 : 12-13) reçoit un nouveau cœur (Quelle merveilleuse expérience que celle de celui qui reçoit une telle réconciliation. Ez. 36 :26)

De la même manière nos réconciliations sont porteuses de vie, elles ont le pouvoir de faire naître à une vie nouvelle non seulement nous-mêmes mais aussi ceux qui nous entourent. En tant qu’ambassadeurs de la réconciliation, nous avons le pouvoir de porter la Bonne Nouvelle de la réconciliation jusque dans le cœur de nos semblables pour leur donner à eux aussi une nouvelle vie.

 

  1. Conclusion.

Mes amis, combien de personnes dans ton cœur méritent la réconciliation ? Peut être que tu as besoin de te réconcilier avec Dieu ? Tu réalises que tu as les difficultés à te réconcilier ? Cette personnes peut être un membre de ta famille, un collègue, un ex patron ou un pasteur ou ton frère en Christ. Nous vous supplions au nom de Jésus Christ: «Soyez réconciliés avec Dieu!

Réalisons-nous que peut être cette personne à qui nous refusons la réconciliation par peur, paresse ou orgueil pourrait, elle aussi, recevoir une nouvelle vie, devenir une nouvelle créature libérée de la culpabilité et que cette relation autrefois tendue pourrait être plus fructueuse qu’elle ne l’a jamais été juste parce qu’un jour nous avons accepté d’aller vers elle avec l’amour de Christ.

Faisons donc un sujet de prière que nos relations brisées puissent à nouveau être restaurées dans la mesure où cela dépend de nous. Que le Seigneur nous libère  de l’hypocrisie, de la rancune, de la jalousie et de la peur.

 

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